Handicap visible et invisible

Un monde numérique accessible à tous les handicaps

Auteur : Benjamin Thiers · Publié le : 29/12/2025 · Mis à jour le : 29/12/2025
Benjamin Thiers | Accessibilité sites web | Handicap visible et invisible

Du handicap, on retient le plus souvent les personnes à mobilité réduite, qui ont besoin d’un fauteuil roulant pour se déplacer, ou celles souffrant d’un déficit sensoriel fort tel que la cécité ou la surdité.

Mais le handicap regroupe en réalité une diversité de situations bien plus grande et est souvent invisible. L’accessibilité web doit prendre en considération ces problématiques variées, qui appellent toutes une solution appropriée.

Une personne sur sept en situation de handicap en France

Le handicap occupe une place prépondérante, bien que souvent méconnue, dans notre société.

Les données récentes soulignent l’ampleur de cette réalité : selon la Drees, 14,5 millions de personnes vivant à domicile en France métropolitaine déclaraient une limitation fonctionnelle sévère en 2022. Sur le plan professionnel, la Dares recensait 2,9 millions de bénéficiaires d’une reconnaissance administrative du handicap en 2025, soit plus de 7 % de la population en âge de travailler.

Au-delà de l’impératif social, le handicap représente un enjeu stratégique et un levier de croissance pour votre entreprise. En négligeant l’accessibilité de votre site web, vous vous privez d’une part considérable de clientèle potentielle et freinez le développement de votre activité.

Sources : 

Des handicaps visibles et invisibles

La perception du handicap par le grand public est souvent limitée aux personnes à mobilité réduite. Le pictogramme présent sur les stationnements dédiés ne représente-t-il pas un fauteuil roulant ? Cette présentation est pourtant trompeuse, car fortement limitative. 

Selon les chiffres officiels, repris par les autorités et les associations, près de 80 % des handicaps sont invisibles.

Les différents types de handicaps : moteur, sensoriel, mental, psychique, cognitif, maladies chroniques.

 

Le handicap moteur désigne les troubles qui conduisent à une atteinte de la motricité, qu’elle soit partielle ou totale :

  • Paraplégie : paralysie des deux membres inférieurs ;
  • Tétraplégie : paralysie des quatre membres et du tronc ;
  • Hémiplégie : paralysie totale d’une moitié verticale du corps ;
  • Hémiparésie : paralysie partielle touchant une moitié verticale du corps ;
  • Monoplégie : paralysie totale d’un seul membre (bras ou jambe) ;
  • Diplégie : atteinte symétrique des deux membres (plus particulièrement inférieurs).

D’autres atteintes moteurs peuvent également compliquer l’utilisation d’une souris ou d’un écran tactile :

  • Tremblements ;
  • Troubles de la coordination comme l’ataxie
  • Dyskinésie, qui se traduit par des mouvements involontaires anormaux ;
  • Etc.

Les déficiences visuelle et auditives sont les deux formes les plus courantes et les plus invalidantes.

  • Quatre stades de déficiences auditives : légère, moyenne, sévère et profonde.
    Handicap visuel
  • Cinq stades de déficience visuelle : cécité totale, cécité sévère, déficiences visuelles profonde, sévère moyenne.

Les difficultés liées à la perception des couleurs, telles que le daltonisme, sont également à prendre en considération.

D’autres déficiences sensorielles, qui ne posent pas de problème particulier pour l’accessibilité web, peuvent également être constatées :

  • Anosmie : perte totale de l’odorat ;
  • Hyposmie : diminution partielle de l’odorat ;
  • Agueusie : perte totale du goût ;
  • Hypogueusie : diminution de la sensibilité gustative.
  • Parosmie / Dysgueusie : distorsion des perceptions olfactives ou gustatives.

Les handicaps mentaux ont généralement des répercussions diverses, notamment avec des troubles moteurs et cognitifs.

Certaines maladies mentales se traduisent par une forte limitation fonctionnelle :

  • Phobies ;
  • Anxiété généralisée ;
  • Trouble obsessionnel compulsif ;
  • Schizophrénie ;
  • Bipolarité ;
  • Etc.

Les troubles cognitifs se traduisent par une perturbation de la perception, de la compréhension et du traitement des informations sensorielles reçues.

Les troubles de l’attention, de la mémoire, de l’adaptation au changement, du langage, des identifications perceptives (gnosies) et des gestes (praxies) sont les plus connus.

Ce type de handicap est pris en compte dans l’accessibilité web, avec par exemple le besoin de donner des exemples concrets pour compléter un formulaire.

Les maladies chroniques peuvent engendrer des handicaps de différentes natures :

  • Symptômes liés à la maladie ;
  • Effets secondaires liés aux traitements.

Une personne qui souffre par exemple de polyarthrite rhumatoïde va par exemple rencontrer des difficultés à utiliser une souris ou un clavier, ce qui va impacter sa capacité à naviguer sur un site web.

D’ailleurs, de nombreuses maladies chroniques donnent droit à une reconnaissance d’une situation de handicap en France.

Astuces et tutoriels sur l'accessibilité Web

L'accessibilité web : répondre à tous les handicaps

Mais comment rendre un site web accessible à toutes ces formes de handicaps ?

Les autorités et les institutions répondent à cet enjeu avec des normes, des recommandations et des référentiels. 

En France, le référentiel RGAA liste 106 critères (version 4.1.2) qui, lorsqu’ils sont tous respectés, permettent de faire face à toutes les situations.

Les utilisateurs qui souffrent de cécité recourent à des technologies d’assistance. Vous devez vous assurer que votre site respecte bien l’ensemble des critères qui rendent chaque information et chaque fonctionnalité accessible à des lecteurs d’écran comme NVDA, Jaws ou TalkBack.

Dans le cas de troubles de la vision moins sévères que la cécité, l’utilisateur sera peut-être amené à zoomer pour mieux lire. Vous devez vous assurer qu’il puisse zoomer sans que son expérience soit altérée par des contenus qui se chevauchent, se retrouvent hors écran ou disparaissent complètement.

Un contraste élevé est également nécessaire pour que certains internautes puissent lire votre contenu. Les WCAG préconisent des ratios en fonction de la taille et de la graisse de la police, qui sont repris par le RGAA.

L’information ne doit pas être uniquement donnée par la couleur. Toutes les personnes daltoniennes ne pourraient en effet plus bénéficier d’une expérience utilisateur conforme à leurs attentes.

Les problèmes liés aux troubles auditifs concernent les médias diffusant du son (vidéos, podcasts, fichiers mp3, etc.).

Si le fichier audio ou la bande son d’une vidéo contient des informations, celles-ci doivent être retranscrites par écrit pour être accessibles aux personnes malentendantes.

Certaines personnes ne peuvent utiliser de souris en raison de troubles moteurs. Il est donc impératif de s’assurer que la navigation au clavier permet d’accéder à l’intégralité des informations et fonctionnalités de chaque page.

Lorsque l’usage du clavier et de la souris est impossible, certains internautes ont recours aux commandes vocales. Pour garantir la compatibilité d’un site avec ces technologies, des règles précises doivent être respectées. Par exemple, le nom accessible d’un lien (son étiquette technique) doit impérativement inclure son intitulé visible (l’ancre du lien). Cette correspondance est indispensable pour que l’utilisateur puisse énoncer précisément l’ordre permettant de suivre le lien.

Les troubles cognitifs font également partie des handicaps pris en compte dans le cadre de l’accessibilité d’un site web.

Vous devez vous assurer d’être le plus clair et compréhensible possible. Voici quelques exemples de critères RGAA liés aux handicaps cognitifs :

  • La structure de la navigation doit être identique pour chaque ensemble de pages, afin de faciliter la navigation ;
  • Dans le cadre de formulaires, il est important de donner un format précis accompagné d’un exemple, de préciser le type d’erreur en cas de mauvaise saisie, ou encore de bien associer le message d’erreur au champ concerné ;
  • Les vidéos et les sons doivent pouvoir être mis sur pause pour les personnes qui souffrent de troubles de l’attention ;
  • Les effets clignotants d’une fréquence supérieure ou égale à 3 flashes par seconde sont à proscrire pour éviter les crises d’épilepsie
  • Etc.

Dans le cadre de l’accessibilité web, vous devez garder à l’esprit que certains internautes vivent avec plusieurs handicaps. Vous devez vous assurer de vous adresser également à cette audience.

Une personne malvoyante peut par exemple souffrir par ailleurs de troubles cognitifs, et avoir besoin d’une information plus précise. Si je reprends l’exemple du formulaire, le format et l’exemple devront être accessibles aux lecteurs d’écran.